Dans un souffle, le vis-à-vis de Kalee répondit positivement. Ce qui eut pour effet d’engendrer différentes expressions sur le visage de la rouquine. Certes, elle reconnaissait son visage et l’avait donc bien reconnu la première fois qu’elle l’avait aperçu. Mais d’un autre côté, comment pouvait-il être Soren ? Son look n’était pas le même, sans parler de ses cheveux bien plus longs que d’ordinaire. La seule chose qui confortait Kalee dans le fait d’avoir son ami face à elle, en dehors de ses traits qui étaient bien les siens, était son regard qu’elle retrouvait comme elle le faisait chaque jour. L’expression de ses iris qui la transperçait.
Perdue, elle ne sut que répondre.

 

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Lui aussi eut un temps d’arrêt. Ses yeux la scrutaient, comme s’il cherchait des réponses alors qu’il avait tout l’air d’ores et déjà de les avoir. Après quelques longues secondes à s’observer, les lèvres plissées, il brisa le silence, sans réellement savoir quoi dire.
– Kaleen ?
Elle ouvrit la bouche, étonnée par la question.
– … Lee. Kalee.
– Oh… tu es toute seule ?
En un mouvement bref de recul, elle secoua la tête en fronçant les sourcils.
– C’est la première chose qui te vient à l’esprit ?

 

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Il s’apprêtait à répondre lorsque Kalee prit la suite sans lui laisser le temps de s’expliquer.
– Attends un peu… je ne comprends pas. T’es Soren ? Qu’est-ce que tu fous ici ? T’es entré comment ? Et puis c’est quoi ces cheveux longs ?
De toute évidence, elle ne savait par quoi commencer. Une multitude de questions lui vint finalement à l’esprit sans qu’elle parvienne à décider laquelle était la plus pertinente.

 

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– Euh… Dans l’ordre : Oui, mais pas le tien. Je suis ici grâce à toi, enfin à Kaleen… indirectement. Et j’ai les cheveux longs, ben, parce que je les ai laissés pousser, répondit-il en haussant les épaules.
Les mains dans les airs, Kalee commença à les agiter nerveusement, souhaitant rétorquer quelque chose de cinglant comme elle savait si bien le faire, quand elle entendit la voix de sa mère s’élever.
– A qui tu parles ?
Alors que des pas se rapprochaient, elle fit les yeux ronds et s’empressa de répondre.
– A Soren, je suis au téléphone !
– D’accord. Baisse d’un ton alors, c’est l’heure de dormir pour les petits !
– Oui, pardon ! Assura-t-elle en tendant l’oreille, soulagée de l’entendre faire demi-tour.
Elle pressa ses doigts sur sa tempe en fermant les yeux, inspirant lentement afin de se faire à l’idée que la situation était bien réelle. Dans un même temps, ledit Soren s’avança avec curiosité jusqu’à la porte de la chambre, soucieux que quelqu’un arrive. Mais il se détourna en constatant qu’ils étaient tranquilles.
– Un problème ? Lança Kalee.
– Non…
– Dans tous les cas, je gère.

 

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Elle le regarda s’asseoir sur son lit sans un mot, s’efforçant de garder un rythme de respiration le plus calme possible. Mais elle avait beau tourner et retourner le peu d’informations qu’elle avait dans sa tête, rien n’y faisait.
– Enfin ça, je ne gère pas.

 

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La profondeur de son regard la frappa, une nouvelle fois. Elle avait l’habitude de croiser le sérieux de son ami et comprenait mieux pourquoi, depuis que Dae lui avait révélé ses sentiments à son égard ; mais ces yeux-là avaient une autre dimension encore.
– Est-ce qu’on peut reprendre depuis le début ? Demanda-t-elle dans un soupir.
Bien qu’elle ne sache par quoi commencer, elle avait même du mal à démêler le vrai du faux. Etait-ce une mauvaise farce ? Elle ne savait à quel moment elle devait commencer à croire à l’absurde et s’en accommoder.

 

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– Si tu veux…, acquiesça-t-il en haussant les épaules. J’ai envie de supposer que tu ne sais rien du tout, vu ta réaction…
– Fort sympathique, tout ça…
– En même temps, ce n’est pas moi qui suis en train de flipper. C’est toi, donc je tire les conclusions les plus logiques.
– Parce que je devrais savoir de quoi tu parles ?
– Tu pourrais, oui. Mais apparemment ici, ça ne se sait pas. Tu es un siffleur.
Elle fronça les sourcils.
– Je sais siffler, oui. Et alors ?
– Non non, enfin j’imagine, mais c’est pas ça, répondit-il en agitant ses doigts. Tu es un siffleur. Tu peux move. Moverser. Tu peux te déplacer…, poursuivit-il en cherchant ses mots devant l’air dubitatif de Kalee. Te déplacer de monde en monde.

 

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Un sourire se dessina sur ses lèvres, ne sachant réellement la réaction qu’elle devait avoir, pour la deuxième fois de la soirée. Face à elle, Soren secoua la tête en levant les yeux au ciel. Si on lui avait dit un jour qu’il allait devoir en passer par-là, il aurait certainement pris la tangente.
– … Je ne comprends pas, finit par lâcher Kalee. Me déplacer de monde en monde ? Moverser ? C’est quoi ce mot ? Et pourquoi un siffleur ?
– Et dire que c’est à moi de faire ça… bon. Moverser : il y a move, du latin « se déplacer ». Il y a univers. Et puis on en a fait un verbe. Se déplacer d’univers parallèle en univers parallèle.

 

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Kalee se laissa tomber sur le lit à son tour. Essayer de chercher une logique, une explication à tout ça ? A quoi bon. Son sourire continua de barrer son visage. Elle souhaitait comprendre, et prenait chacune des informations avec une légèreté nouvelle.
– Et pourquoi « siffleur » ?
– Quand un siffleur move, un petit bruit comme un sifflement s’entend quelques secondes si on y fait attention.
Elle acquiesça sans réellement intégrer sérieusement ce que Soren lui apprenait.

 

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– Il y en a d’autres ?
– Des siffleurs ? Non. Il y en a un tous les cent ans environs, c’est tombé sur toi. Enfin, sur toutes les « toi » qui existent.
– Ah carrément…
– Oui.
Il marqua une pause, se demandant si elle réalisait vraiment ou non. Si sa bouche disait oui alors que sa tête était momentanément arrêtée à quelques lieues de là.

 

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Son regard plongea dans le sien, trouvant curiosité, malice et interrogation. Lequel des sentiments était le plus présent ? Aucun des deux ne pouvait le dire.
– Et donc… Kaleen ? Osa-t-elle demander, presque timidement.
Elle vit les pupilles de Soren tressauter rapidement. Son air repris un peu de sérieux, avant qu’il ne soupire et hoche la tête.
– Dans mon monde, c’est ton prénom. Et je m’appelle Soren ici aussi, c’est ça ?
– Oui. Soren…, commença-t-elle, avant de se mettre à l’épeler.
Il agita la tête.
– Moi c’est Sorren, avec deux « r ».
La bouche à demi ouverte et la main en suspens dans l’air, Kalee sentit quelque chose se débloquer dans son esprit.
– Sorren ! C’est toi ! Le type du petit mot !
– Le petit mot ?
– Qui disait de faire gaffe au campus, ou quelque chose du style…
– Oh. Ce mot… effectivement, il est de moi. Et il était destiné à Kaleen.
– Mais du coup, comment est-il arrivé ici ?
– C’est compliqué… je ne suis pas totalement sûr moi-même.
La rouquine leva la paume de la main, l’intimant au silence. Haussant lentement les sourcils, elle décida qu’elle en avait assez entendu. Qu’elle accepte d’y croire ou non était une toute autre histoire, à laquelle elle n’avait que peu envie de réfléchir.
– Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ? Tu vas retourner d’où tu viens ?
– Je ne sais pas comment… ma présence n’est déjà pas volontaire, répondit Sorren avec un sourire gêné.
– Bah, en attendant de savoir, tu peux dormir ici si tu veux.

 

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L’intéressé ouvrit la bouche sans qu’aucun son n’en sorte. Bien qu’ami de longue date avec la belle, dans un monde comme dans l’autre, il ne se voyait pas imposer sa présence ainsi. Encore moins entre les draps de cette Kalee-là.
– Te tracasse pas, je peux sortir le matelas qu’il y a sous mon lit, assura-t-elle en comprenant bien son embarras.
Il finit par acquiescer, résigné par la situation qu’il ne maîtrisait pas. Du moins, à peine plus que son hôte. Le lit fut rapidement fait, sans plus de mots échangés. Tous deux ressassaient leur soirée sans faire bien attention à l’existence de l’autre. Finalement, Kalee se glissa nonchalamment sous sa couette.
– Si tu peux dormir avec tes vêtements, je t’en trouverai d’autres pour demain… je dois en avoir de Soren qui traînent. Enfin, de mon Soren.
– J’ai bien compris, t’en fais pas, répondit le brun en secouant la tête.
– Bon… Ben, bonne nuit.

 

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Se tournant vers le mur, elle ne vit pas Sorren s’allonger avant de fermer les yeux et sombrer rapidement dans un sommeil lourd. Elle était mentalement épuisée, et ne savait que faire des informations qui lui étaient tombées dessus sans crier gare. Sa tête bloquait tout ce qui causait un gigantesque nœud à douloureusement démêler, tandis que son inconscient analysait tout ce qui s’était déroulé, à retardement.
Lorsqu’elle s’éveilla le lendemain, elle réalisa à peine où elle se trouvait. Doucement, elle força ses yeux pâteux à reprendre leurs marques à travers la chaleur de cette chambre familière. Ses jambes remuèrent jusqu’à un coin de la couette refroidie par son absence, finissant par se tourner vers le matelas où Sorren dormait encore paisiblement. Ou presque. Sans vraiment s’étonner, Kalee installa confortablement sa tête sur son oreiller et un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu’elle observait ses sourcils froncés. Malgré les cheveux longs, elle reconnaissait chaque très, chaque mimique. Ses yeux glissèrent le long de son visage et de son corps à moitié recroquevillé, avant qu’ils ne deviennent tout ronds, quand elle se rendit compte de la signification de sa présence. Elle se redressa violemment en s’empêtrant dans sa couette, ce qui eut pour effet de la faire tomber aux côtés de Sorren. Comme montée sur des ressorts, elle fut debout la seconde suivante, remarquant à peine qu’elle l’avait tiré du sommeil. Au lieu de s’en soucier, elle se frotta ses hanches douloureuses et s’engouffra dans le couloir avec pour objectif de s’emparer de la salle de bain, attrapant des vêtements qui traînaient au passage. Sorren quant à lui, eut à peine le temps de constater qu’une furie rouquine avait quitté la pièce.
Fort heureusement, Cheryl et les jumeaux avaient déjà quitté le domicile en vue du travail et de l’école. Les cours de Kalee ne commençaient qu’à dix heures ce jour-là. Elle passa plus de temps qu’il ne fallut sous la douche, pas encore décidée sur la façon dont elle devait aborder le problème. Problème nommé Sorren. Prendre la situation au sérieux ? Etait-elle réellement ce qu’il appelait un « siffleur » ? Comment le savoir, finalement ? Après de longues minutes à se regarder dans le miroir qui ne pouvait lui apporter de réponse, elle haussa les épaules et rejeta l’importance de la chose en bloc. Avec un léger sourire, elle revint dans sa chambre, trouvant Sorren assis sur son lit qui l’attendait. Le matelas était rangé.
– Ah, tu es encore là.

 

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– Euh, oui…, répondit-il en levant un sourcil, pas très sûr de lui.
– Qu’est-ce qu’on fait ?
Il y avait un millier de questions plus intéressantes qui ne demandaient qu’à être posées, mais elle n’arrivait pas à se faire à l’idée. Vouloir en apprendre plus, résoudre certaines choses, signifiait qu’elle croyait à ce qu’il lui disait. Qu’elle avait réellement en face d’elle un deuxième Soren, venu tout droit d’une dimension parallèle. Et si c’était vrai ? Elle secoua la tête.
– Non parce que, je ne vais pas te ramener avec moi à la fac. Et tu ne vas pas rester ici éternellement.
Il se gratta la nuque.
– Je sais bien…
– Bon. Tu peux rester là aujourd’hui, il n’y a personne dans la maison jusqu’en fin d’après-midi. Sers-toi à manger si tu veux. Rendez-vous à seize heures au parc ? Il est au même endroit chez toi ?
– Je suppose. Si ce n’est pas le cas, je trouverai, assura-t-il.
Kalee acquiesça et lui souhaita bonne journée, avant de s’en aller de la maison sans avaler de petit-déjeuner. Elle en était bien incapable.

Il ne se passa pas une heure de cours avant qu’elle n’envoie un message à Dae, lui disant de la retrouver à la pause méridienne. Elle ne pensait pas vraiment à ce qu’elle lui avait dit la veille ; d’autres informations étaient devenues bien plus importantes et étonnantes à ses yeux, momentanément. Alors que son regard avait été fixé sur les professeurs qui avaient animé sa matinée, elle n’avait cependant pu s’empêcher de ne rien écouter. Son esprit n’avait de cesse de ressasser les dernières heures écoulées, en long en large et en travers. Elle était passée sans vraiment s’en rendre compte, d’un état de rejet à une espèce de fascination enfantine à laquelle elle avait du mal à croire.
Les couloirs se vidèrent petit à petit des élèves impatients d’aller manger. La chaleur et le beau temps de la région les accueillaient en extérieur à bras ouverts, et il était bien rare de les voir s’entasser dans l’établissement pendant les pauses.
Tournant à l’angle d’un couloir, Kalee fut abordée par une élève de la section des lettres qui désespérait de voir des nouveaux membres se joindre à son option de jardinage. Derrière elle, Dae arrivait telle une sauveuse, détentrice d’un ticket de sortie.

 

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Comprenant immédiatement la détresse de son amie, elle vint se placer entre les deux adolescentes comme si de rien n’était.
– Salut ! Tu veux te joindre à nous ? J’expliquais justement que…

 

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Mais Kalee ne la laissa pas terminer, déjà bien rodée sur le discours qu’elle allait fournir.
– Oui oui je vais lui en parler, mais en toute honnêteté vous ne voulez pas nous avoir dans votre petit club, on n’est tellement pas douées qu’on va faire mourir toutes vos plantes…, répondit Kalee, un sourire en coin.
– Oh…
– C’est vrai, vous serez mieux sans nous ! Renchérit Dae. Mais allez jeter un œil chez les peintres, ça les intéressera peut-être.
– D’accord, merci ! Bonne journée !
– Tout pareil !

 

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Les deux amies la regardèrent s’en aller sans ajouter un mot. Dae se frotta le bras, légèrement mal à l’aise. A vrai dire, elle n’avait aucune idée de la raison de sa rencontre avec Kalee ce midi-là, mais étant donné les événements de la veille, elle redoutait le pire. En fait, elle pouvait s’attendre à peu près à tout avec la rouquine. Alors comment savoir ? Peut-être que sa réaction avait été revue, et qu’elle souhaitait approfondir le sujet.
Avec un sourire crispé, elle alla s’asseoir à une table que Kalee désigna de la main.
– Ecoute, je…, commença Dae.
– Tatata, laisse-moi parler c’est ultra important !

 

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Même si le sujet devait être évoqué, Kalee le coinçait dans un coin de sa tête, un coin de son cœur. Mais elle ne pouvait se permettre d’y penser quand elle savait qu’une histoire de mondes parallèles était potentiellement en jeu. A qui d’autre en parler, si ce n’était Dae ? Cette dernière avait pourtant la ferme intention de lui demander pardon une nouvelle fois ; sa soirée ne s’était pas mieux portée que celle de Kalee.
– Oui, mais je suis vraiment désolée, et…
– Il y a un deuxième Soren actuellement chez moi !

 

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Arrêtée dans son élan, la bouche de Dae dessina un « o » et elle fut bien incapable d’ajouter quoi que ce soit. Elle avait totalement perdu son intention. Levant un sourcil, elle secoua la tête interrogativement. Mais Kalee perdit momentanément son enthousiasme en se posant plus légèrement. Elle regarda son amie en souriant, s’en voulant presque à cause de la façon dont elle l’avait traitée la veille. Mais par-dessus ce sentiment, il y avait la satisfaction de pouvoir compter sur une telle personne dans sa vie ; l’amour qu’elle lui portait s’affichait à elle comme une évidence. Oui, Dae avait ressassé son erreur, et ne voulait pas lâcher le morceau tant qu’elle ne s’était pas une nouvelle fois excusée. Et même si Kalee ne souhaitait pas encore y penser, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir sa détresse et comprenait bien les raisons qui l’avaient poussée à garder ce secret.

 

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– Un deuxième… quoi ?
Kalee jeta un regard alentours. Bien entendu, il n’y avait pas un chat. Mais elle maîtrisait tellement peu le sujet qu’elle redoutait qu’on l’entende. Alors elle s’approcha de Dae afin de murmurer plus intimement.

 

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– Tu sais le petit mot qui avait l’écriture de Soren, ben je sais de qui il vient.
– Ah oui ?
– Oui, il a été écrit par l’autre Soren, celui avec deux « r ».
– … Je ne comprends pas.
– Ben d’après ce qu’il m’a dit, il vient d’un autre monde. Un monde parallèle quoi.
– Et tu crois à ce qu’il te dit ? On dirait une mauvaise blague.
– Il faut que tu le voie ! On dirait Soren, je te jure.
– Mais quel rapport avec toi ? Qu’est-ce qu’il fait chez toi ?
– Apparemment, je serais un siffleur !

 

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– Un siffleur ?
– Ouais, c’est comme ça qu’ils appellent ceux qui peuvent se déplacer de monde en monde.
– Qui ça, « ils » ?
– Les gens de son monde, je suppose…
Fronçant les sourcils, Dae secoua ses mains.
– Non mais, attends… t’es allée dans un autre monde ?
– Ben non… Je ne sais pas comment faire.
– Comment tu peux savoir qu’il ne te raconte pas des bobards, alors ?

 

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A dire vrai, Kalee n’en savait rien du tout. D’ailleurs, qu’elle prenne ou non la chose au sérieux, elle ne se voyait pas vagabonder dans un univers parallèle. Qu’y ferait-elle ? Le concept l’excitait, mais c’était tout. Et elle allait bien trouver un moyen de se débarrasser de Sorren. Qui qu’il soit réellement.
Du coin de l’œil, elles virent arriver leur Soren au bout du couloir. Ne les trouvant par sur le terrain de l’université, il avait décidé de tenter sa chance à l’intérieur.

 

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La gêne que Dae vit soudainement dans les yeux de Kalee lui rappela la situation et toutes ces sottises de mondes parallèles et de dédoublement se dissipèrent. Que ses deux amis ne puissent plus rester près l’un de l’autre était bien la dernière chose qu’elle avait souhaité.

 

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– Bon… j’ai promis à Astrid de lui filer un livre à la pause. Tu peux me retrouver au parc après les cours ?
L’intéressée acquiesça.
– Tu vas le dire à Soren ?
– Je vais lui demander de venir aussi. Si tu veux lui raconter ce que je t’ai dit, ne te gêne pas.

 

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– D’accord. A tout à l’heure.
Kalee sourit faiblement en guise de réponse. Elle se dirigea vers Soren qui attendait toujours, les sourcils légèrement froncés. Quand il sentait qu’il ne fallait pas les déranger, il les laissait entre filles. Mais ça ne durait jamais bien longtemps.

 

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La rouquine glissa un timide « salut » en s’approchant de Soren.
– Tout va bien ?
– Hm hm. Tu viens au parc après les cours ?
– Si tu veux.
– Cool. Bon ben… à plus tard alors.

 

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Et elle se dirigea vers les escaliers. Jamais il ne lui avait été aussi difficile d’être naturelle auprès du brun. D’ordinaire, le dialogue était facile, et les blagues et sarcasmes allaient bon train. Mais se retrouver devant lui ce midi-là lui avait rappelé ce qu’il lui avait caché pendant tant d’années. Et qui, d’après Dae, était toujours d’actualité. Le problème était qu’elle n’avait pas plus envie d’y réfléchir que la veille. Mais elle ne pouvait s’empêcher de le regarder sous un nouveau jour. Oh, elle le considérait encore comme son meilleur ami, bien sûr. Mais elle avait désormais l’impression qu’elle devait surveiller ses dires ; que les sentiments qui émanaient de lui étaient visibles.
Soren ouvrit la bouche pour répondre mais ne fut pas certain de le devoir. Kalee dévalait déjà les marches. Habitué pourtant à son comportement explosif, il avait bien compris que quelque chose n’allait pas. Le tout était de savoir quoi.

 

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