Chapitre 44

Kam continuait de terroriser les passants jusqu’à l’épuisement. Mais voyez-vous, ce n’était pas quelque chose qui l’alarmait particulièrement. Non, il voyait plutôt ça comme de l’amusement, tout autant qu’une tâche inévitable pour le travail. Pas sûr que les victimes pensent de la même façon…

 

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Mais qui disait autant de réussites, disait jeu agacé. Et ça, Judie l’avait bien compris. C’est au petit matin qu’un incendie se déclara, bien plus conséquent que ce qu’ils avaient connu jusqu’à présent.

 

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Tous furent tirés du lit, ayant à peine le temps de mettre leurs habits sur le dos. Le feu se propagea de meuble en meuble, passant même sous le mur virtuel de la maison pour attaquer son côté extérieur. Un jeu agacé disais-je ? Si peu.

 

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Kam et Melwan se portèrent naturellement volontaires pour tenter d’éteindre le feu, à coups d’extincteur (le seul que le foyer avait, en fait, le jeu ne pouvait pas être trop généreux) et de seaux d’eau trimbalés depuis la piscine. Le soulagement était palpable, même pour Judie qui avait subi la chose de la même façon que si elle avait été vivante. Mais c’était possiblement parce qu’elle avait craint qu’un tel événement se produise…

 

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D’ailleurs le Janimju n’en avait pas terminé avec les mauvaises nouvelles. Enfin, tout dépendait de comment la personne visée le prenait. En l’occurrence, ce fut Corail la première touchée, en devenant grise la nuit suivante.

 

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Et elle n’arrivait pas à se décider. Etait-ce une bonne chose ? Une promesse de liberté après une vie à moitié remplie ? Ou était-elle déçue que cette vie, aussi petite fut-elle, touche bientôt à sa fin ?

 

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Elle resta de longues secondes à s’interroger, avant de hausser les épaules et de retourner se coucher. Pourquoi se prendre la tête quand on sait qu’il ne nous reste pas longtemps à vivre ?
Ce n’était évidemment pas quelque chose qui tracassait Tim, loin de là, puisqu’il rentra quelques heures plus tard avec sa première promotion, pas peu fier.

 

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Il ne fallut pas longtemps au temps pour rattraper le reste des adultes de la maison. La suite logique des choses, ou la volonté jalouse du jeu ? Rien n’était moins sûr.

 

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Contrairement à sa sœur, Melwan fut fort heureux de son sort. Il se mit à rire, soulagé de se dire qu’il pourrait bientôt lâcher son travail, il en voyait le bout. Il n’avait certainement pas chômé, et le fait de virer au gris lui confirmait simplement le bon avancement des choses, dont il était satisfait.

 

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Mais les adultes n’étaient pas les seuls à subir les ravages du temps. S’ils avaient un pied dans la tombe, le passage des adolescents au stade plus avancé de leur vie ne faisait qu’appuyer ce fait. Malia en fit les frais, étonnée par la vitesse à laquelle ses jours avançaient. Et pourtant, elle n’avait pas tant apprécié l’école que ses cousins. Etonnée, mais heureuse ?

 

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Si sa mère lui avait montré la voie du sport et s’évertuait à l’entraîner régulièrement, Malia choisit néanmoins de se diriger vers une carrière assez similaire à son père. Bien entendu, pas dans la même branche. Mais la classe qu’il représentait lui plaisait énormément, et elle avait hâte de faire ses preuves. Elle se dirigea alors naturellement vers des activités plus cérébrales, même si elle doutait d’être à la hauteur. Même chez les Templeton, il fallait bien un début à tout.

 

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S’en suivi l’anniversaire de Dune qui, sans surprise, postula immédiatement pour un travail dans l’écriture qu’elle avait appris à apprécier chaque week-end un peu plus. Si la famille ne voyait jamais le fantôme de Sera, Dune espérait bien la rendre fière de cette façon. C’était un moyen comme un autre de se lier à elle.

 

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C’était certain, la nouvelle génération était en marche pour contrer le jeu à son tour. Et si le travail allait bon train malgré la difficulté, l’on pouvait néanmoins retrouver un peu de gaieté en observant les petits vieux discuter ; Arthur était également passé au gris, et retrouvait volontiers Melwan pour débattre de tout et de rien. On n’avait rarement vu une chose si banale dans le foyer.

 

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