Chapitre 31

Depuis que maman m’avait nommée « héritière », tout partait en sucette. Déjà que papa venait de mourir, v’la qu’elle changeait de look… ouais, comme par magie.
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Mais le lendemain matin, on a découvert qu’une bonne partie des invités était toujours là, et avait vidé le frigo.
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Pêche partait au labo sur son trente-et-un, normal quoi…
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Le seul truc sympa était de voir avec la fraicheur du matin à quel point ma cousine ressemblait à sa mère, encore une fois. C’est genre son double, mais en plus jeune. Ou en plus vieille, selon l’sens dans lequel vous prenez ça quoi. (d’ailleurs c’était pas vraiment ma cousine, puisqu’elle était la fille de la cousine de ma mère… mais bref c’était ma cousine hein).
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Pour me changer les idées, je passais mon temps à faire des p’tits gâteaux. Sophie était complètement gluée à la maison, tant et si bien qu’elle prenait même pas la peine de rentrer chez elle rien que pour prendre un bon bain. Ouais, là y’en avait gravement besoin quand même.
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A force de cuisiner, j’me suis dit qu’il valait mieux que j’emmène tout ça au lycée plutôt que tout faire manger à la famille et qu’ils grossissent à fond au passage. Alors tous les jours, j’emmenais mon baluchon de pâtisseries et je les filais à mes potes, aux profs… même à mes collègues au café. De temps en temps, je recevais des p’tits mots dans mon casier pour me remercier de partager, et me dire que c’était pas mauvais, c’que j’faisais. Alors ça me confortait dans mon envie d’avoir ma pâtisserie.
Et puis un soir, alors que je rentrais de mon job que j’avais pris à mi-temps, j’ai tournoyé dans des étoiles. Ouaip, entre le mariage des parents, le décès de papa, le squattage intense et bizarre à la maison, la cuisine, les cours, et tout ça… j’avais oublié mon anniversaire.
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Du coup j’ai pas perdu de temps. J’ai pris un peu sur le budget familial pour acheter un terrain vide en centre-ville, histoire de monter ma boîte petit à petit.
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Et je l’ai aménagé avec le minimum syndical : de quoi vendre mes pâtisseries, deux petites tables… ça allait très bien comme ça. (puis j’avais pas vraiment le choix, surtout).
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Avoir des clients, c’était pas la joie. J’ai ajouté un panneau pour annoncer un peu ce que je vendais, et quelques heures plus tard, ça commençait à arriver. Ma (vraie) cousine Elodie faisait partie du lot, et je me suis dit que c’était l’occasion pour apprendre à la connaître, mais elle avait l’air aussi joyeuse que sa mère…
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Et elle se permettait de squatter un peu du mauvais sens de la « boutique ».
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Pendant qu’elle rendait dingue un client qu’elle allait certainement me faire perdre, j’encaissais enfin quelqu’un ! Allez, c’est le début de la gloire, on va dire.

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– Bon alors, tu prends quelque chose ou pas ?
Elle a tellement bugué du cerveau que j’ai eu le temps de voir du coin de l’œil Faufau-l’escargot squatter MA mini-boutique. Je savais pas si je devais considérer ça comme un honneur ou comme une mise en garde.
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Bon… premier bilan, pas trop mal finalement ! J’avais vendu quasiment tout ce que j’avais amené.
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Je me suis accordé mon dimanche pour préparer plein de nouveau plats, et puis rebelote le lundi. Pour le moment, c’était assez fun. Dur, mais fun.
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– Au fait soeurette, on a reçu un truc pour toi !
– Ah ouais ?
– Yeap, c’était dans la boîte aux lettres…
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Il s’agissait d’un petit mot, comme ceux que je recevais au lycée.
– Hé mais attends…je reconnais l’écriture.
– Sérieux ?
– Ouais, j’en avais des comme ça dans mon casier, avant…
– C’est cool !
– Nan c’est louche ! Dans la boîte de chez nous, en plus !
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– Et qu’est-ce qu’il dit, ce mot ?
– « Merci pour les délicieuses pâtisseries que tu vends, elles me manquaient depuis la fin d’année scolaire ».
– Bah, c’est gentil non ?
– j’imagine oui.. mais que ce soit directement arrivé ici, ça me perturbe.
– Boarf, tu fais un flan pour pas grand-chose, sans mauvais jeu de mots.
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– Ça t’inquièterait pas, toi ?
– Pas plus que ça. Allez, t’as un admirateur ! Y’a plus qu’à.
– Qu’à quoi ?
– Ben bosser.
– Ah, oui…
Quand même, c’était perturbant. Voilà.
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